Les fustes, la construction bois à l’état brut

La fuste est une construction bois dont les murs sont faits de fûts d’arbres allongés et empilés.
Son origine vient du mot « fût », qui correspond à la partie du tronc d’un arbre qui est dépourvue de branches et rameaux. Le principe constructif consiste en l’empilement des rondins de bois. Ils sont ajustés et des entailles sont faites aux angles et à la gorge sur la longueur de chaque rondin pour que les contacts soient parfaits entre les bois de dessus et de dessous.

La transformation du bois
Les rondins ont de forts diamètres de 25 à 35 cm. Il s’agit de transformer chaque tronc, un par un, sur toute sa longueur. Sa forme et ses entailles seront déterminées par la forme du tronc précédent, afin que la superposition soit optimale en termes de contact. Avant empilement, la gorge formée est remplie de laine de mouton ou de chanvre pour une parfaite isolation.
Les assemblages d’angles se font le plus souvent par entaille (dite « en tête de bélier ») qui permet d’assurer la meilleure étanchéité dans le temps.

Après construction, les fûts mis en œuvre vont sécher, conduisant à un phénomène de rétractation, diminuant légèrement de volume des fûts (de l’ordre de 5% sur la hauteur d’un mur). Les premières années, on constate un phénomène de tassement de ses murs. Ce phénomène peut prendre 3 à 5 ans.
Dès la conception, le projet de fuste est à anticiper pour permettre ce libre jeu du bois. Des calculs et aménagements pour parer cette particularité sont nécessaires pour les escaliers, les cloisons, sous plafonds, poteaux et toutes les menuiseries. Le montage doit être fait de façon à ce que les rondins puissent coulisser librement et rester bien ajustés après séchage définitif de la maison.
Ainsi, la dimension verticale de l’emplacement d’une huisserie est majorée d’un espace libre qui absorbera le tassement général du mur. L’élément est alors indépendant de la structure. Chaque ouverture est assortie d’un système de coulissage.

Avec le temps, la couleur du bois change et se patine. Pour préserver la teinte d’origine, il est possible d’opter pour une lasure (extérieure et/ou intérieure) ou un produit d’imprégnation (saturateur, huile,…). La mise en œuvre d’une finition sur les fûts entraine une nécessaire maintenance et entretien. Par ailleurs, l’altération en surface variera en fonction de l’exposition aux agressions climatiques des bois.

Aux vues du rôle structurant des fûts, il est important de s’assurer de leur durabilité, conformément à la loi*. En fonction de l’essence mise en œuvre, celle-ci sera naturelle ou conférée par l’ajout de produits de préservation insecticides ou fongicides.

Les avantages des fustes
Ce sont réellement les maisons faites pour le grand froid. Elles apportent un confort thermique été comme hiver, car à la différence de maisons isolantes légères, elles possèdent une masse thermique très élevée. Aucun autre matériau ne peut égaler le bois massif en isolation dite « dynamique », c’est à dire tenant compte des variations de températures quotidiennes, en particulier entre le jour et la nuit, car le bois massif agit comme un ralentisseur des pertes de chaleur.
Cette technique permet une conception architecturale très variée, adaptée à l’environnement et aux contraintes de votre site et de votre région. Le bois brut s’accommode très bien à d’autres matériaux naturels comme la pierre ou la terre.
Une fuste peut accueillir tous types de couvertures : ardoises, tuiles, tavaillons, toiture prairie, lauze…

* Loi n° 99-471 du 8 juin 1999, dite « Loi termite » et Décret n° 2006-591 du 23 mai 2006 relatif à la protection des constructions et des bois de structures contre les termites et autres insectes xylophages, modifiant le Code de la construction et de l’habitation aux articles L 112-17 R 112-2 R 112-3 R 112-4. JO du 25 mai 2006.

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